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Ressources
pédagogiques
Utiliser la numismatique en classe de 5ème /
2nde
Un dirham de Saladin (1171-1193)
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Dirham d'argent 3,02 g., frappé à
Alep (Syrie) en 584 AH (1188).
D/ Dans une étoile à 6 branches : al-imam al-Nasir
li-dîn Allah amir al-Mûminîn
Autour de l'étoile : Il n'y a d'autre dieu que Dieu, Muhammad est l'envoyé de Dieu
R/ Dans une étoile à 6 branches : al-Malik al-Nasir
Salah al-dîn Yusuf ibn Ayyûb
Autour de l'étoile : ce dirham a été frappé à Alep en l'an 584. |
D’origine kurde, Saladin
est né en 1138 à Takrit, en Iraq. De son vrai nom Yusuf ibn Ayyub, il est
connu dans les pays musulmans comme al-Malik al-Nasir Salah al-Din ("le roi
victorieux, rectitude de la religion"), et c’est sous le nom de Saladin
qu’il est connu dans l’histoire européenne.
Entre 1164 et 1169, l’émir musulman Nur al-Din, qui lutte contre
les Croisés, l’envoie avec son oncle reprendre l’Égypte aux califes
Fatimides (ce califat rival des abbassides de Bagdad a toujours été une
gène dans la lutte contre les croisés). A la mort de son oncle en 1169,
Saladin lui succède au poste de vizir (premier ministre) du calife fatimide
du Caire. En septembre 1171, il renverse le dernier calife fatimide, se
proclame sultan, il rétablit la suzeraineté des califes abbassides sur
l’Égypte. A la mort de Nur al-Din, en 1174, il se retrouve maître de
l’Égypte et de la Syrie, enfin unies dans la lutte contre les Croisés. En
1174, les hostilités sont lancées par Saladin : il attaque donc Kerak (place-forte
franque tenue par Renaud de Châtillon) afin de protéger les chemins de
pèlerinage vers la Mecque.
En même temps, il continue ses efforts pour réunir en un seul État
les terres musulmanes : Saladin étend son pouvoir sur la Syrie du Nord et
le nord de la Mésopotamie, en éliminant si besoin ses rivaux musulmans.
Suite à la soumission d’Alep (en 1183), puis de Mossoul (en 1186), de
nombreuses armées musulmanes, alliées sous le commandement de Saladin, sont
prêtes à aller combattre les Croisés.
En 1187, Saladin envahit le Royaume latin de Jérusalem, triomphe
des Francs à la bataille de Hattin, en Galilée et s’empare de Jérusalem le
2 octobre, ce qui entraîna la troisième croisade pour reconquérir la ville
sainte (en 1189). A la suite d’importants combats, Saladin fut obligé de
rendre aux Croisés Acre (après un long siège), Jaffa et Ascalon, mais il
conserva Jérusalem. En 1192, Saladin signa un traité de paix avec Richard
Cœur de Lion, roi d’Angleterre, qui permit aux chrétiens de reprendre
possession de toute la côte de Jaffa à Tyr, en laissant Jérusalem aux
musulmans.
Le 4 mars 1193, Saladin décéda à Damas, des suites d’une maladie
fulgurante, laissant un empire divisé entre ses différents frères et fils.
Dans le monde arabo-musulman, le droit de
frapper monnaie est un droit régalien (droit de sikka en arabe) que
le calife détient et exerce au nom de Dieu. Dès le Xe siècle, alors que le
pouvoir califal s'affaiblit des souverains locaux frappent monnaie en leur
nom, mais font toujours figurer au droit le nom du calife, autorité dont
découle, ne serait-ce que de façon formelle, leur pouvoir.
Dès la mort de Nur al-Dîn en 1174, Saladin frappe des dinars d'or
au nom du calife abbasside al-Nasir, sur lesquels il fait figurer son nom.
De même, il fait reprendre dès 1176 à Damas, puis à Alep la frappe de
l'argent arrêtée depuis plus d'un siècle. Ses dirhams syriens ont un poids
proche du poids légal (2,97 g.) et un excellent aloi (92-94% d'argent). Le
droit porte
le titre complet du calife et la profession de foi (on notera que les
formules religieuses se font discrètes au profit des titulatures des
souverains) et le revers le titre de Saladin et la mention de l'atelier et
de la date.
L'hexagramme (ou étoile à 6 branches) est le motif caractéristique de
l'atelier d'Alep depuis 1184, alors qu'à Damas, on frappe des dirhams au
motif "carré dans un cercle". Peut-être est-ce un simple élément décoratif,
mais on peut aussi voir dans cette étoile de David, une allusion directe à
la volonté de reconquête de Jérusalem. Cette monnaie a été frappée l'année
suivant la bataille de Hattîn.
Utilisation pédagogique possible : je ne pense
pas que cette monnaie puisse servir en elle-même de support pour un
exercice (même en seconde). En revanche, elle peut accompagner et illustrer
un dossier sur Saladin.
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