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Ressources
pédagogiques
Utiliser la numismatique en classe de 5ème
(nouveau programme 2010)
Un dinar du calife abbasside al-Mahdi
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Dinar d'or, 4,3 g., frappé à Madinat
as-Salâm (Bagdad) en 775.
D/ Dans le champ, sur 3 ligne : Il n'y a d'autre dieu que Dieu, l'Unique, le Sans-Egal
En légende circulaire : Coran IX,33
R/ Dans le champ, sur 3 lignes : Muhammad est l'envoyé de Dieu
En légende circulaire : Au nom de Dieu,
ce dinar a été frappé en l'an 158. |
Il n'existait pas, avant les conquêtes, de monnayage
proprement arabe. Les conquérants ont tout d'abord utilisé, puis copié en
l'adaptant le numéraire des zones passées sous leur autorité : solidus d'or
et follis de bronze dans les provinces byzantines, et drachmes
d’argent d’environ 4 g. dans l’ancien empire sassanide.
Mais, les efforts des premiers califes de la dynastie umayyade ont
rapidement porté sur l’organisation administrative du nouvel empire rapidement conquis : la
capitale est fixée à Damas (puis à Bagdad sous les Abbassides), des gouverneurs
sont nommés dans chaque province et
l’arabe développé comme langue officielle de l’administration. C’est dans
cette perspective d’organisation rigoureuse d’un empire arabe et musulman
qu’intervient en 697 la réforme monétaire d'Abd al-Malik .
Elle repose sur un
trimétallisme or/argent/bronze : le dinar d’or de 4,25 g, le
dirham d’argent de 2,85 g d’abord, puis 2,97 g par
la suite, et le fals (fulus au pluriel) de cuivre qui est frappé
au niveau
local, avec de fortes variations de type d’une région à une autre. Les
rapports évoluent au cours des siècles et entre régions, mais on peut
globalement retenir : 1 dinar = 13 dirhams ; 1 dirham = 60aine de fulus.
L’innovation majeure du système mis en place réside dans
l’utilisation exclusive de formules religieuses musulmanes, complétées par
la mention de l’atelier et de la date, écrites en arabe (calligraphie
coufique jusqu'au XIIIe s.).
A l’époque abbasside, des légendes plus complexes commenceront à mentionner
le nom et le titre du calife, un héritier, de grands personnages...
Utilisation pédagogique possible : on peut envisager
de commencer le cours sur la civilisation arabo-musulmane, par le constat
de l'apparition au milieu du VIIIe s. d'une nouvelle puissance
méditerranéenne. On compare la carte du début du VIIe siècle montrant les
empires byzantin et sassanide en conflit et la carte en 750 faisant
apparaître les foudroyantes conquêtes musulmanes. Puis en utilisant cette
monnaie, on peut demander aux élèves les caractéristiques de ce nouvel
empire : empire dirigé par un calife, formules religieuses parlant d'un
Dieu unique (monothéisme) et d'un prophète, nouveau calendrier, utilisation
de la langue arabe. On fait alors apparaître la notion d'empire
arabo-musulman, et cela fait la transition avec le "2. La religion
musulmane" (quelle est cette religion ? quel rapport avec les autres
religions monothéistes ? qui est ce prophète Muhammad ?). Par ailleurs, la
puissance et la richesse de cet empire se voient au métal utilisé : l'or.
Attention : dans la plupart des manuels, même récents, les
photos de dinars sont à l'envers (comme dans un miroir, avec des légendes
arabes à lire de gauche à droite !!!).
Par ailleurs, le choix par différents manuels du premier dinar d'Abd
al-Malik représentant le calife debout ne semble pas un choix très heureux,
car il est très peu représentatif du monnayage arabo-musulman. D'une part
c'est une rarissime émission, très vite abandonnée au profit des types
purement épigraphiques, D'autre part, sans être absolument unique, ce type
montrant une représentation humaine est largement copié des émissions
byzantines de Constans II avec l'empereur debout de face. Enfin, est-il
idéologiquement neutre de choisir pour les élèves une représentation dont
on met en avant la violence supposée (main sur l'épée) ?
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