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Ressources pédagogiques Utiliser la numismatique en classe de 5ème un tari d'or du Roger II roi de Sicile (1140-1154)
Jusqu'au IXe s., l’île constitue un thème de l’empire byzantin. Sa population est chrétienne, et en grande partie hellénophone. Son monnayage présente une double originalité par rapport au reste de l’empire : un strict bimétallisme or/bronze, avec le solidus de 4,55 g et le follis. et l’emploi très important des divisionnaires du solidus : semissis de 2,25 g et surtout tremissis de 1,52 g, Profitant de conflits internes, les musulmans prennent pied sur l’île en 837. Au début du xe siècle, la Sicile presque entièrement islamisée connaît son âge d’or sous une dynastie d'émirs locaux qui reconnaît la suzeraineté des califes fatimides chiites du Caire. Dès lors, le système monétaire se calque sur celui de l’Afrique du Nord fatimide, tout en gardant les mêmes lignes de force : prépondérance de l’or et utilisation de divisionnaires, des quarts de dinars (rubâcî), appelés en Sicile taris. De très bon aloi et pesant à peine plus d’un gramme, ces taris sont des monnaies entièrement épigraphiques, comme toutes les autres monnaies musulmanes de l’époque. A la fin du xe siècle, des querelles de succession conduisent à la division de la Sicile musulmane en plusieurs émirats rivaux. L’un des émirs finit par faire appel aux Normands alors solidement implantés en Italie méridionale. Ces derniers, d’abord pèlerins puis mercenaires, avaient profité des rivalités entre byzantins et principautés lombardes pour se rendre peu à peu maîtres de tout le sud de la péninsule. En 1061, Roger dit « le grand comte », traverse le détroit de Messine. En 1072, Palerme tombe ; en 1091, la Sicile toute entière est aux mains des Normands. Roger II (1105-1154), son fils, parvient à unifier les possessions normandes (en 1129), obtient du pape le titre de roi (en 1130) et bâtit un Etat centralisé et puissant. Ecartant du pouvoir les turbulents barons normands, il s’appuie sur une très efficace administration gréco-musulmane et s’entoure d’un cérémonial de cour inspiré de celui des Fatimides. Ce monarque exceptionnel parlant aussi bien latin, grec ou arabe tient à marquer son indépendance et à affirmer le particularisme de ce grand royaume arabe et chrétien vis à vis de ses puissants voisins, l’empereur byzantin et le pape principalement. Reflet de cette volonté d’indépendance, la réforme monétaire de 1140 consacre le tari comme monnaie principale et emblématique du royaume ; le nouveau tari de Roger II est alors la seule monnaie d’or qui a cours dans le royaume.
C’est aussi sous le règne de Roger II (en 1130 et 1140) que s’impose le
type qui en dépit de nombreuses modifications de détail dure pendant plus
de deux siècles : On notera que cette appropriation de la tradition arabo-musulmane, en matière de titulature des souverains, est unique dans le monde méditerranéen médiéval, et ne semble relever ni du hasard, ni d’un simple opportunisme politique. Des monnaies musulmanes ont pu être utilisées telles quelles par des pouvoirs chrétiens, voire même copiées, comme c’est le cas dans l’Espagne de la Reconquista et dans le royaume de Jérusalem, mais ce ne sont justement là que de simples imitations, à valeur uniquement économique, et non pas politique ou symbolique. Les rois normands de Sicile sont les seuls exemples de monarques chrétiens à revendiquer leur autorité royale sur leurs monnaies, en langue arabe, sous la forme de titulatures arabo-musulmanes. Parallèlement à l’or, le bronze circule à nouveau en Sicile depuis l’époque de Roger Ier, en grande quantité et avec une immense variété de types originaux, le plus souvent inspirés par des types byzantins. Ses successeurs frappent des follari et trifollari associant des éléments iconographiques chrétiens (Vierge à l'enfant) ou non (lion, palmier...) et des légendes en arabe (nom du souverain et la date et l'atelier). L’argent, même s’il n’est pas totalement absent du monnayage sicilien, reste tout à fait marginal : des tiers de ducalis sont frappés à Palerme, sous le règne de Guillaume Ier (portant son initiale, W, au droit, et un palmier au revers), ainsi que de rares fractions de dirhams (ou kharub) à légendes arabes. Utilisation pédagogique possible : la présence sur un même document historique d'une titulature de type califal en arabe, d'une croix latine, et d'une invocation chrétienne en grec fait de cette monnaie un élément de choix pour tout dossier sur la Sicile normande.
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